Short talk – Les 101 Workings anglais

Emulation-shadow

– Short talk – Les 101 Workings anglais –

 mp3-icon

Il est très difficile d’expliquer un rite lorsqu’il correspond à une culture qui, bien que proche, n’est pourtant pas la nôtre.

Ainsi, régulièrement, on peut entendre certains frères et sœurs parler du « rite Emulation ». Problème, le « rite Emulation » n’existe pas. Si vous parlez du « rite Emulation » vous montrez que vous n’y connaissez rien et vous avez perdu votre temps.

Nous allons donc vous aider à réparer cette perte.

Le « rite anglais » oui, vous pouvez en parler. Le « style Emulation » également. Le « rite anglais de style Emulation » est un peu long, mais c’est la bonne formulation.

Car, lorsque l’on parle de rite anglais, ce qu’il faut comprendre, dès le début, c’est qu’il n’y a qu’un seul rite dit « anglais ». Il y a un rite anglais et des façons de le pratiquer que l’on appelle des « workings ».

Dans notre maçonnerie hexagonale, nous sommes habitués à assister à des tenues très différentes suivant que l’on visite une loge au rite français, au rectifié, aux rites égyptiens, au REAA, etc.

En Angleterre, il y a un seul rite. Mais l’on pratique des « styles » différents : des « workings ».

Le « style » ou « working » est une manière de travailler le rituel en changeant certains mots, certains gestes, certains objets d’une loge à l’autre. Fruit de l’adaptation du rite aux usages de la Loge, ou bien adaptation de certains éléments que les frères ne souhaitaient pas voir prononcés d’une façon plutôt que d’une autre.

Ainsi, certains workings n’appartiennent qu’à une seule Loge. C’est la manière de pratiquer le rite anglais, ses tournures de phrases  qui sont alors propres à la loge, et on ne les retrouve nulle pas ailleurs que là.

D’autres workings sont pratiqués sur toute la surface de la terre, comme le working dit « Stability » (tel que pratiqué par la Loge d’Instruction Stability crée en 1817), ou le working Emulation (pratiqué par la Emulation Lodge of Improvement depuis sa création en 1823).

Lors de la fondation de la Grande Loge d’Angleterre dans les années 1720, il n’y avait pas de working. En réalité il n’y avait pas de rite établi. Chaque loge pratiquait la maçonnerie telle qu’elle l’entendait, et au fur et à mesure des divulgations qui entraient en possession du Maître de la Loge, le rituel évoluait.

Ainsi, en Angleterre, on pouvait tout au plus voir deux familles de rites : celui d’York, et celui de la région de Londres.  Tous deux sont désormais perdus dans leurs formes originelles, et rien ne prouve d’ailleurs que d’une loge à l’autre, ces styles n’étaient pas diamétralement différents et ne constituaient pas chacun une dérivation de ce que l’on nomme le Rite du Mot du Maçon. Ceci fera ainsi l’objet d’un prochain short talk.

Mais au milieu du XVIIIès, une nouvelle Grande Loge apparut, et avec elle, un nouveau rite. Pour faire simple, ces nouveaux venus se nommèrent eux-mêmes les « Antients » (Anciens), et dénommèrent ceux qui les précédaient historiquement : les « Moderns (les Modernes). Les nouveaux venus se nommaient Anciens, et les historiques furent nommés Modernes. C’est logique ! C’est anglais !

Car ceci fut réalisé pour décrédibiliser la Grande Loge de Londres en prétendant qu’ils n’étaient que de vils dénatureurs de rituels, et que, pour sauver la maçonnerie, allait se développer une franc-maçonnerie aux origines beaucoup plus ancienne, et donc forcément, beaucoup plus authentique.

A la fin du XVIIIès, certains frères développèrent leur idée de la franc-maçonnerie. Il exista donc le rite des Moderns, celui des Antients, celui de la Grande Loge d’York, auquel on peut ajouter le working des Instructions de William Preston, ou bien l’Oxford (qui était en fait un mélange de tous les styles précédents, mais dont la diffusion se limitait au sud de l’Angleterre).

Durant plus de 60 ans, les deux Grandes Loges, celle des Antients et celle des Moderns se chamaillèrent, mais un jour, le roi décida que la chose devait cesser, et en seulement quelques années (ce qui est considéré comme rapide en franc-maçonnerie), ces deux Grandes Loges s’unirent.

Or il fallait aussi unir le rituel ! Un groupe de travail se réunit, il s’agit de la Loge de réconciliation (en 1813, avant l’Union des deux Grandes Loges). Celle-ci réussit à mettre d’accord les frères jusqu’à présent irréconciliables sur un rituel, mais, tradition anglaise oblige, comme ce rituel ne fut pas écrit, mais apprit par cœur par ses membres, une Loge d’Instruction fut constituée : La Stability Lodge of Instruction. Celle-ci commença ses travaux en 1817 afin donc d’instruire les frères sur le nouveau rituel qu’ils avaient obligation de pratiquer désormais.

D’autres loges d’Instruction naquirent, mais une Loge d’un genre différent apparut en 1823 : La Emulation Lodge of Improvement. Celle-ci était différente car déjà elle n’était constituée que de Maîtres. Mais également, elle ne reproduisait aucune cérémonie et n’initiait personne. En effet, son but essentiel était d’enseigner le rituel par le biais de l’Instruction en questions/réponses, autrement appelées : « Lectures ».

A l’époque, cette manière de faire était la méthode normale pour instruire les frères. On comprend d’ailleurs en lisant les instructions du rite anglais de style Emulation la raison pour laquelle ces instructions décortiquent méthodiquement les cérémonies d’Initiation, de passage et d’élévation : afin d’enseigner ce qui était communiqué.

Et ces « Lectures » ne venaient pas de n’importe où, puisqu’elles faisaient partie du système enseigné par la Loge des Grand Stewards deux fois par an jusqu’en 1867.

Mais comment se fait-il qu’il puisse exister plusieurs versions différentes d’un seul et même rite ? Le rite anglais.

Revenons donc à l’origine de ces workings, et intéressons-nous à la base de cette diversification.

A la base de tout, il y a un rejet de certains frères, de certaines loges, du nouveau système imposé par l’Union de 1813. Ce rejet, c’est celui qui se cristallisa par la révolte maçonnique du Lancashire qui conduisit à la sécession de Loges pour former ce que l’on nomma la Grande Loge de Wigan (rassurez-vous, celle-ci fera l’objet également d’un prochain short talk).

Suite à cela, il fut introduit dans les règlements généraux, que l’on nomme le Book of Constitutions la règle suivante : « Les membres présents dans toute Loge dûment convoquée ont un droit incontestable de réglementer leurs propres procédures, à condition qu’elles soient conformes aux lois et règlements généraux du Métier ». Ce qui signifie une chose : chaque loge pouvait désormais décider quelle forme du rituel était appliquée dans la Loge. Cette forme est bien entendu le « working », le « style ».

Ainsi, si une loge désire travailler au style Emulation, elle a le droit. Si elle veut travailler au style Oxford, elle a le droit, etc. C’est donc parce qu’à un moment l’Union des Antients et des Moderns fut menacée que les Anglais décidèrent de lever le pied sur la sévérité de l’uniformisation et permirent à chaque loge de faire, un peu, comme elle le souhaitait.

Les styles se multiplièrent, et désormais les principaux sont Emulation, Perfect, Stability, Bristol, Oxford, Humber, Taylor’s, Universal, West End, Nigerian, mais on peut en lister une centaine en tout.

Parfois certains styles ne sont appliqués que dans une Loge, ou bien ne sont plus en cours du tout. Le tout c’est de respecter l’idée du rite anglais. Car la Grande Loge Unie d’Angleterre n’a jamais officialisé de rituel en particulier. Même le style Emulation n’est pas officiel. Les loges travaillant au rite anglais de style Emulation voient leur travail sanctionné uniquement selon le modèle fourni par la Emulation Lodge of Improvement. Seul organisme à déterminer si une Loge travaille correctement, ou pas.

Allez ! Bises frat !

Pour aller plus loin :

Liste des 101 Workings Anglais référencés, existant ou ayant existé (thanks to all the brethren on Metropolitan Grand Lodge Facebook Page, but first, thanks to Grae L. for having idea and perseverance to list them all)

Antiquity
Authors
Balmoral
Beachy Head (Sussex)
Benefactum
Bottomley (Liverpool)
Bristol
Burgundy (Walpole in Norfolk)
Calvers
Camden
Cartwright
Claret (Norwich)
Craft Guide
Cumberland (Bath)
East End
East London
Eastern Craft
Emulation
Emulation (Nigerian)
Enigma (West Kent)
Essex
Exeter
Falcon
Freedom – (Freedom Lodge No. 77 and Libertas Secunda Lodge No. 6433 in East Kent)
Goldman
Goudielock
Grove Park
Henley
Humber (Hull)
Lodge of Reconcilliation (before Stability, Muggeridge and Taylor)
Logic
Loyality
Merchant Navy (Taylors East End)
Metropolitan
Muggeridge (AKA Union Muggeridge)
New London
Newman Goldman
Nigerian
North London
Old Boltonians
Own – Belvidere No. 503 (Maidstone, Kent)
Own – (Ipswich Lodges)
Own – Angelus Lodge No.4552 (Surrey)
Own – Britannia a lot lodge at Tapton
Own – Broadstone No. 8641 (Emulation with twist – Dorset)
Own – Brownrigg Lodge of Unity No.1424 (Chatham)
Own – Chigulation – Chigwell Lodge No. 453 (Essex)
Own – Freedom and Courtesy Lodge No. 4762 (Met)
Own – Gundulph (Rochester)
Own – Gypiswyke Lodge (Suffolk)
Own – Richard Whittington Lodge (Gloucester)
Own – South Saxon Lodge (Lewes)
Own – St. Lukes & Atholl (Suffolk)
Own – Sykes Lodge (Driffield)
Own – Wakering & Barling (Southend-on -Sea)
Own – Wineslai (Buckinghamshire)
Oxford
Pantiles
Paxton
Perfect
Plymouth
Pointings
Poynters
Poynters South London
Revised
Ritus Droniensis (Oxon)
Ritus Oxoniensis
Saye & Sele
Schroder
Sheffield
Shooters Hill
South London
South Saxon
St. Johns (East Kent – Margate)
Stability
Stour (Kent)
Stuart (beds)
Sussex
Sydney
Sympathy
Tapton Ritual (Sheffield)
Taylor Muggeridge (East Kent)
Tayloration
Taylors
Thomas Dunckerley (Bath)
Tredegar
Unique
Universal
Veritas
Wakering and Barling
Wanderers
Warwickshire
West Country Common Sense (Kent – Balmoral Lodge)
West End
West Lancashire own ritual
West London
West Wales (Newcastle + Wales)
West Wickham
Witham (Lincolnshire)
Wurzel (West Kent)
York

Workings pratiqués à Londres

workings de Londres

Martin GANDOFF, 300 years of freemasonry, Lewis Masonic.

Old Masonic Workings, The Freemason, 29 septembre 1883

Dr David Harrison, The Rituals of Freemasonry Part 1 : https://dr-david-harrison.com/freemasonry/the-rituals-of-freemasonry-part-1/

Dr David Harrison, The Rituals of Freemasonry : Some of the various differing Rituals used in England : https://dr-david-harrison.com/freemasonry/some-of-the-various-differing-rituals-used-in-england/

Freemasonry Matters : https://freemasonrymatters.co.uk/freemasonry/workings-the-many-versions-of-masonic-ritual/

Freemasonry Matters : https://freemasonrymatters.co.uk/talks/how-did-various-masonic-ritual-books-come-about/

Owford Working Temple

Oxford working temple

 

 

abonnement

Facebook_Rejoignez twitter

corde

quisuisje

Publicités