Histoire de la franc-maçonnerie belge, par Philippe Liénard

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– Histoire de la franc-maçonnerie belge, par Philippe Liénard –

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Philippe Lienard , Histoire de la Franc Maçonnerie Belge, Jourdan Editions, 2017, 439 pages, ISBN : 978-2-87466-462-5

Les franc-maçons se gargarisent souvent de termes en parlant de « franc-maçonnerie universelle »,  ou en se désignant comme faisant partie de « tous les maçons sur la surface de la terre ».

Mais le problème, c’est qu’en réalité, bien souvent, nous sommes d’une ignorance crasse pour tout ce qui a attrait à autre chose que notre rite, voire un ou deux rites en dehors du nôtre. Et encore, parce que nous visitons certains frères ou certaines sœurs que nous apprécions.

Ne parlons même pas de tous ceux qui ne s’intéressent pas à la maçonnerie anglaise parce que :

Petit 1 : c’est en anglais, et nombre de frères et sœurs ne parlent toujours pas anglais au XXIès.

Petit 2 : l’étranger, c’est loin ! Et pour ceux et celles qui ne font déjà pas l’effort d’ouvrir leurs instructions en questions et réponses, imaginez aller s’intéresser à de la franc-maçonnerie étrangère qui ne leur apportera aucune influence sur l’avancement de leur propre carrière maçonnique. Non, ce n’est pas possible voyons…

Disons-le tout net, bien souvent, en réalité, tout auréolés des prétentions dans lesquelles nous pourrions nous draper si nous avions la bêtise de croire que des grades sont des degrés de puissance personnelle, bien souvent, nous ne sommes en réalité que des ignares lorsqu’il s’agit d’évoquer la franc-maçonnerie étrangère à notre hexagone franco-français.

Or, il y a quelques mois, est sorti un ouvrage de Philippe Liénard intitulé « Histoire de la franc-maçonnerie belge, une existence « influente » depuis trois siècles ? ».

Connaissant l’auteur par son activité prolixe sur les réseaux sociaux, je fus intrigué déjà par les guillemets sur le mot « influente » et également le point d’interrogation qui remet l’affirmation en question.

Je me procurais donc ainsi un exemplaire presse par son intermédiaire aux éditions Jourdan que je remercie au passage. Néanmoins rassurez-vous, je ne l’épargnerai pas pour autant.

En effet, j’ai apprécié cet ouvrage, mais je lui trouve des points d’amélioration qu’il serait intéressant de voir considérer pour une seconde édition.

Regardons donc ensemble les raisons d’acheter cet ouvrage, puis les améliorations qu’il serait utile de voir ajoutées.

Pourquoi il vous faut acheter cet ouvrage.

  • Tout d’abord, parce qu’à l’exception du livre de Jacques Lemaire intitulé La Franc-Maçonnerie En Belgique, Les Loges Symboliques, et celui de Joel Arvelle intitulé Histoire de la Franc-Maconnerie Belge, il n’y a pas actuellement beaucoup d’ouvrages récents disponibles aisément sur l’Histoire de la maçonnerie dans ce pays.
  • Ensuite, il convient d’acheter cet ouvrage parce que l’auteur a une conception de la maçonnerie honorable et qu’il m’a été bénéfique de lire certains faits formulés par lui. Ainsi, il déclare « La Franc-Maçonnerie symbolique moderne est un mode initiatique de perfectionnement spirituel et moral basé sur le symbolisme, déclinant un cheminement éprouvé allant de l’apprenti au maître en passant par le compagnon ; il implique de s’y investir et pas de se satisfaire d’un statut d’observateur privilégié[…] Etre franc-maçon aujourd’hui comme hier ne s’apparente pas à un état, i à un aboutissement, mais bien à un engagement d’action fraternelle, solidaire et constructive honnête rayonnante, laquelle aujourd’hui englobe tant les femmes que les hommes qui, ensemble, peuvent se dépasser sur le cheminement qui leur est offert ».  Et plus loin d’ajouter « La Franc-maçonnerie moderne, je le précise encore, est un ensemble de laboratoires de pensée, reposant sur le postulat d’un comportement vertueux de cherchants qui tentent de se perfectionner chaque jour, qui cheminent vers la Lumière l’amour au cœur ».
  • Une autre raison d’acheter cet ouvrage, c’est aussi parce que la Belgique est notre voisin, et qu’’il serait honteux de se réfugier derrière la barrière de la langue, comme certains le font avec l’anglais, pour ne pas s’informer sur une pratique étrangère de la maçonnerie lorsque ce pays parle justement la même langue que nous. En effet, la Belgique et la France ont eu une existence de gémellité très forte à travers les siècles. La fraternité qui nous unit est donc plus qu’une simple fraternité d’initiation, mais bien une fraternité d’histoire, de politique et de culture. Nos frères belges sont environ 27.000 sur les 11 millions d’habitants que compte le pays, répartis en environ 440 loges. Ce qui fait 0.24% de la population. Avec pour mémoire un pourcentage de maçons en France qui s’élève à 0.26% si l’on se réfère au chiffre de 160.000 maçons généralement acceptés. A taille différente, notre proportion est égale. Voici d’ailleurs ce que nous dit l’auteur : « Au carrefour des grands pays européens qui l’entourent, de leur culture propre et parfois de leurs intérêts, la Belgique peut effectivement apparaître « petite » en apparence. Je réfute cette réduction ; la Belgique est une grande nation par son peuple. Bien que ce petit pays, par sa taille géographique, soit enclavé entre ses voisins, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, et le Royaume-Uni (malgré qu’il soit séparé par un bras de mer, la Manche), la Belgique est un grand Etat. La Belgique a développé un savoir-faire politique hors du commun. Elle est le siège d’une partie des institutions européennes et de l’OTAN. Elle est un pays qui connaît à la fois la culture latine et germanique, ce qui fait de la Belgique un « go-between » naturel parmi les pays de l’UE et parfois une sorte de symbole au cœur du continent européen. La spécificité de la Belgique a conduit les Belges à composer, à tenir compte d’intérêts divers et parfois antagonistes, ce qui les a élevés au rang d’orfèvres des négociations et du compromis dit « à la belge », et les a rendus précieux, notamment en matière diplomatique. Et les franc-maçons, imprégnés de l’esprit des Loges maçonniques, à savoir notamment du dialogue constructif, ne sont pas restés en reste ni à la traine de l’histoire de Belgique, à la croisée des intérêts, que ceux-ci soient économiques, politiques, géostratégiques ou communautaires internes ».
  • Egalement, achetez cet ouvrage parce que l’auteur livre beaucoup d’éléments sur la fondation, l’implantation et le développement de la maçonnerie belge. Nous regretterons toutefois qu’il faille attendre 129 pages pour cela, mais les préambules énoncés durant ces 129 pages semblent importants pour l’auteur. En tout cas, une fois que les faits se présentent, l’Histoire est découpée en parties que voici : tout d’abord, ce qui est nommé « la parenthèse autrichienne » et qui va de 1714 à 1794. Incluant donc la période de la Révolution française jusqu’à la bataille de Fleurus, ou bataille de Ligny (pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit ici d’une des batailles napoléoniennes qui eut lieu entre Charleroi et Namur et qui vit notamment l’utilisation pour la première fois d’un ballon dirigeable pour observer l’avancée des troupes ennemies). Ensuite, c’est la parenthèse française, avec la période napoléonienne. Puis, la parenthèse du Royaume-Uni et des Pays-bas de 1815 à l’indépendance en 1830. Enfin, est évoqué de la page 223 à 376 la maçonnerie dans le royaume de Belgique avec des focus particuliers sur l’évolution de la Grande Loge de Belgique après 1959, de la Grande Loge Régulière de Belgique en 1979, de la Grande Loge Féminine de Belgique en 1981 et la Confédération de Loges dites « Lithos » de 2006.
  • Enfin, dans cet ouvrage, à la fin, l’auteur répond à quelques questions que certains se posent et qu’il serait parfois utile de transporter en permanence sur soi dans des fêtes de familles alcoolisées…

Toutefois, il existe aussi des points qu’il conviendrait de clarifier pour une deuxième édition.

  • Tout d’abord, le fait que le lecteur aurait bien besoin d’une carte à chaque début de chapitre historique. En effet, les frontières européennes ayant été ce qu’elles ont été durant des siècles, à moins d’être un historien chevronné, il est parfois compliqué de savoir où l’on se situe. Sans compter que pour beaucoup de français, la Belgique est un territoire indistinct. Imaginez déjà que la plupart des français sont incapables de situer leurs propres villes sur une carte de France, alors imaginez visualiser l’ordonnancement des villes en Belgique quand on ne prend pas le Thalys…
  • De même, une frise chronologique serait plus que requise en début de chaque chapitre. Notamment par le fait que, même si l’on pratique l’Histoire, il y a des noms, des dynasties, qui ne font pas forcément écho sur une simple évocation.
  • Parfois l’auteur s’envole aussi dans un lyrisme trop poussé qui fait perdre un peu de vue l’idée du paragraphe. Ainsi, lorsqu’il déclare que la franc-maçonnerie « convoque un cheminement personnel, en communauté que d’aucuns nommeraient osmotique, selon une méthode qui lui est propre, baignée de fraternité initiatique, de manière à ce que ses membres soient réceptifs à une amélioration d’eux-mêmes à travers des symboles, ce chemin étant porteur d’une transmutation dite spirituelle de l’être, et, par extension moderne, par voir de conséquence, d’une amélioration de l’humanité, pour faire court ». Hm… Attendez je vais relire.. Non.. toujours pas… Je ne vois pas.. Désolé..
  • Enfin, je vous avouerai que j’ai regretté que les 100 premières pages ne soient pas placées à la fin. En effet, ne nous le cachons pas, ce n’est pas un livre pour les profanes. Pour s’intéresser à l’Histoire de la franc-maçonnerie en Belgique, il faut être maçon, ou connaître déjà pas mal d’éléments sur la franc-maçonnerie. Ainsi, toute la tentative de travail de vulgarisation placée au début pourrait être aisément reléguée à la fin de l’ouvrage et défrichée un peu. Car certaines considérations opératives, par exemple, pourraient orienter d’aucuns dans la lecture et présumer une certaine orientation de l’auteur dans son interprétation de l’Histoire. Ce qui n’est, me semble-t-il, pas le cas.

Pour toutes ces raisons, j’ai donc été ravi de lire cet ouvrage, même si, parfois, j’ai dû m’accrocher.

Mais peut-être suis-je tout simplement ignare. J’ai souvent tendance à le croire !

Or, dans ce cas, je ne serais je pense pas le seul. Car il ne s’agit pas d’un ouvrage de vulgarisation, mais bien un ouvrage d’érudition et de perfectionnement en connaissances historiques. Un ouvrage parfois ardu donc, mais qui a le mérite de pousser chacun à se remettre en question sur ses connaissances historiques.

Je vous le recommande donc chaudement, (chuchotant) mais si vous deviez sauter directement à la page 129 pour attaque par le corps de l’ouvrage, ne dites pas à l’auteur que c’est à cause de moi. C’est un secret entre nous !

Allez ! Bises frat !

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