Chronique Anglaise de Septembre 2017 –

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– Chronique Anglaise de Septembre 2017–

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               Le mois de septembre est toujours un mois chargé en termes de publications périodiques maçonniques.

               Il y a bien sûr le Franc-Maçonnerie Magazine mensuel, mais également le numéro d’automne de The Square et également Freemasonry Today[1] suite à la Quaterly Communication.

               Commençons par le FM Mag consacré à ce que l’on appelle les « archives russes » de la page 22 à 33. Les archives russes étant bien sûr ces archives de Grandes Loges qui avaient été volées par les nazis puis récupérées par l’Etat Russe à la Libération.

               Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de cette subtilisation et de sa restitution, sachez que c’est une aventure rocambolesque passionnante dont 3 images ont retenu mon attention. La première est le dessin de Jiho qui m’a bien fait sourire quand j’ai compris la subtilité du tableau de loge, la deuxième c’est la découverte de celle qui justement a redécouvert ces archives en Russie, à savoir Patricia Kennedy-Grimsted, et enfin, pour le plaisir, c’est cette photo de Pierre Mollier en déménageur en 1999 lorsque 750 boites d’Archives furent restituées au GO.

               Je ne peux résister à vous faire la lecture de ce qui est marqué en dessous : « Le 23 décembre 1999, c’est l’arbre de Noël organisé par le Grand Orient pour les enfants du personnel. Drôle de journée où la rue Cadet est investie par une trentaine de bambins rieurs et où les attributs des travaux maçonniques ont été remplacés par les guirlandes ! Le Grand Secrétaire aux Affaires intérieures porte les décors.. du père Noël. Il faudra plus d’une heure pour décharger le camion rempli de centaines de lourdes boites d’archives. Première surprise, le  « fonds 112-2 » ne comprend pas 30 mais… 300 boites. Heureuse faute de frappe qui pose néanmoins problème, l’espace prévu se révélant trop étroit ! Une fois les enfants partis avec leurs cadeaux et le calme revenu, les responsables de la bibliothèque ferment les portes, contemplent les 300 mètres d’archives méticuleusement rangées sur les rayonnages tout neufs récemment installées. Le moment est venu d’ouvrir la première boite. Au hasard la boite… 113-1-3 » et le reste est à découvrir dans FM Mag.

               Egalement, certains le savent, j’apprécie beaucoup ce que les historiens nomment des « propos impertinents sur la franc-maçonnerie ». Ou, pour employer une autre terminologie : « je m’apprête à énoncer des vérités qui vont énerver pas mal de monde, mais je le dis de manière feutrée, parce que ça passe mieux ». Ainsi, dans ce numéro, un article m’a beaucoup plû puisqu’il tord le cou à une ânerie maçonnique que nous répétons tous à loisir aux apprentis sans jamais vraiment avoir idée que c’est une ânerie, à savoir la phrase : « on ne remercie pas en loge ».

               Alors, bien sûr, c’est une ânerie. Voilà, maintenant vous le savez !

               Bien sûr, en m’entendant dire cela, de nombreux frères et sœurs vont se sentir froissés dans leur orgueil et s’écrier « Mais pas du tout ! Vous n’y connaissez rien en franc-maçonnerie ! C’est une tradition ! J’ai toujours entendu ça ! Ça a toujours existé ! »

               Et bien Hugues Berton, à la page 38, lui, il s’y connait. Et avec une argumentation posée et sans contestation possible, il détaille par les textes les raisons pour laquelle il n’a JAMAIS été question de ne pas pouvoir remercier en loge dans la franc-maçonnerie des origines, et même chez les opératifs ce n’était pas le cas. Ça me fait d’ailleurs penser à un ancien article de Roger Dachez qui disait exactement la même chose. Et quand Roger dit quelque chose, le franc-maçon, tout Grand Mamamouchi qu’il soit, se tait et écoute..[2]

               En tout cas, des propos impertinents, j’en ai rencontré un certain nombre dans le The Square de septembre. Tout d’abord, en page 55, je vous avouerai avoir relu trois fois le titre de l’article en me disant « est-ce que je le traduis correctement ? » car l’article s’intitule : « Pourquoi devrais-je m’embêter avec l’Arc Royal ? ».

               Pour celles et ceux qui ne le savent pas, le rite anglais est composé de 3 grades, et exclusivement de 3 grades.. Qui sont 4 en réalité, mais que l’on ne considère pas comme un grade, sauf quand on passe le grade (suis-je clair ?).  Et à côté, il y a ce que l’on nomme les « sides degrees ». Certains sont sur invitation, d’autres font partie d’un parcours « normal » sur candidature, et qui sont en réalité une multitude d’ordres maçonniques complémentaires qui sont probablement à l’origine du cosplay tellement les tenues sont chatoyantes ! Mais ceci est une interprétation personnelle !

               Bref ! En tout cas cette question de la traduction qui pose question peut parfois amener à de drôles de contresens qui changent radicalement l’angle d’attaque d’un article lorsque vous le lisez.

               Prenons pour exemple les pages 46 et 47 avec un article de Anthony Sheppardson intitulé : « The Oneness of Freemasonry ». Oneness : o, n, e, n, e, deux s.

               Dans un premier temps, j’ai compris le terme « oneness » comme la traduction d’un faux ami : onanisme. Alors, « L’onanisme de la franc-maçonnerie » c’est tout de même un titre CARREMENT impertinent ! Mais courageux ! On s’attend alors à une charge contre la franc-maçonnerie, à l’expression d’une vindicte déçue et désabusée…

               Sauf qu’en réalité « oneness » signifie « unité ». Et oui, « unity » et « oneness », c’est la même chose.. Donc l’article s’intitulait « L’unité de la franc-maçonnerie ». Beaucoup plus consensuel !!! Mais beaucoup plus décevant dans l’impertinence…. Car en réalité, l’article est un résumé global du chemin maçonnique par un frère ayant atteint probablement tous les degrés.

               Or, il est très rare qu’un frère ayant réussi à atteindre tous les degrés de la franc-maçonnerie publie un article avec un titre aussi impertinent que celui que j’avais cru lire…

               Plus impertinent, l’article de Peter Bu en pages 16 et 17 intitulé « la franc-maçonnerie fait-elle toujours sens au XXIès ? ». Cette question que se posent énormément de maçons anglais, voyant leurs effectifs décliner peut surprendre pour nous autres, maçons français. Mais l’auteur avance masqué dans son argumentation. Il nous parle des origines, de la science, de la fraternité.. Or ce n’est qu’à la fin de l’article qu’il révèle son vrai point de vue impertinent. En effet, il plaide en réalité pour une reconnaissance de toutes les Grandes Loges non régulières, déclarant ainsi « Si nous considérons la diversité culturelle comme étant juste et nécessaire à la survie de l’Humanité comme biodiversité, la franc-maçonnerie continue à être pertinente. L’appel de Bratislava est un geste symbolique de ceci. Le but n’est pas la création d’une nouvelle « Super obédience », mais plutôt l’acceptation de la nécessité d’un dialogue inclusif, autant que la création d’un environnement dans lequel il peut avoir lieu ».  Lui, il va avoir des problèmes…

               Sans aucun lien avec les précédents articles, notons également pour les amateurs de beaux objets maçonniques les deux articles consacrés aux médailles de la Marque et aux Diplômes maçonniques en page 12,13 et 18.

               Un autre objet maçonnique est évoqué, mais cette fois c’est dans Freemasonry Today. Il s’agit de la Soane’s Ark, à savoir le coffret qui servit à conserver durant 70 ans à conserver le document de l’union entre les Anciens et les Modernes avant que l’incendie du Grand Temple ne le détruise. Cette nouvelle « arche » sera présentée à l’occasion des célébrations du tricentenaire qui auront lieu le 11 octobre au Sir John Soane’s Museum.

               Mais changeons de sujet et sortons des objets pour parler des « Essex Boys » qui sont en réalité les fondateurs d’un Club nommé « The Essex Cornestone Club » et qui est en réalité la réunion des « jeunes franc-maçons de la région d’Essex en Angleterre.

               Pour faire simple, ces frères se sont un jour rendus compte qu’ils étaient de jeunes frères, et qu’ils se sentaient un peu seuls parfois.

               Je ne ferai aucun commentaire !

               Mais en parlant avec certains frères plus avancés qu’eux, ils ont pris conscience que dans chaque loge de leur région, il y avait à peu près la même proportion de jeunes frères qui, eux aussi, devaient se sentir un peu seuls pour partager leur expérience en maçonnerie, ou bien tout simplement pour se réunir entre frères. Ils ont donc crée un club très actif sur les réseaux sociaux et sur internet qui rapidement est devenu un centre d’union entre ces jeunes frères.

               L’initiative est louable, et ce qui est drôle, c’est qu’ils songent désormais à créer une loge de jeunes maçons… et à se retirer du club ! Car entre le moment où ils l’ont crée, et maintenant, ils ont vieilli.. Et donc, ne peuvent plus légitimement prétendre être toujours de jeunes franc-maçons.

               Et malheureusement, c’est à peu près tout ce qui a retenu mon attention. En effet, sans juger de la qualité des autres articles, je n’ai pu constater qu’une succession de témoignages sur des expériences de vie en franc-maçonnerie. Un peu comme un catalogue publicitaire pour expliquer à ceux qui sont déjà franc-maçons combien c’est intéressant d’être franc-maçon…

               Ce qui, bien évidemment, est très logique !

               Quoique non, il y a toutefois deux petits articles qui ont attiré mon attention. Tout d’abord le portrait du Grand Master Lord Petre, Grand Maître de la Grande Loge de 1772 à 1776 qui supervisa l’achat du terrain de Great Queen Street et la construction du premier Freemasons’ Hall.

               Et, également, caché après 6 pages de publicités la chronique de John Hamill qui pointe « enfin » dirons-nous, une ironie mordante. En effet, bien souvent, les historiens dit « académiques » pointent du doigt l’amateurisme des cherchant amateurs. Dédaignant souvent la justesse de la recherche, la qualité du propos et le statut du cherchant, ces historiens académiques citent souvent les travaux de la Loge d’étude et de recherche Ars Quatuor Coronati.

               Ce qui est drôle est qu’en effet la loge AQC est principalement composée non pas d’historiens académiques.. mais d’amateurs ! C’est plutôt ironique !

               Il conclut d’ailleurs en disant « Nous vivons dans un âge d’experts, mais je crois qu’il y a toujours de la place dans la recherche maçonnique pour les frères impliqués qui se délectent des implications de l’histoire maçonnique, passent des heures à éplucher des archives à la recherche de nouvelles informations et à de nombreuses reprises amènent de nouveaux éléments dans des dossiers que l’on considérait comme clos. Qu’ils continuent longtemps afin que nous puissions profiter des fruits de leur passe-temps ».

               Allez, bises frat.

[1] http://www.freemasonrytoday.com/magazine

[2] http://pierresvivantes.hautetfort.com/archive/2013/07/07/on-ne-se-remercie-par-en-franc-maconnerie-et-on-ne-s-excuse.html

corde

quisuisje

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