Chronique Anglaise de Mars 2017 –

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– Chronique Anglaise de Mars 2017–

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L’actualité anglaise du jour c’est le nouveau numéro de Freemasonry Today qui est sorti cette semaine et qui risque de raviver quelques braises qui s’étaient pourtant éteintes sur la franc-maçonnerie hexagonale !

Petit rappel, Freemasonry Today, c’est LE journal de la Grande Loge Unie d’Angleterre dans un format papier depuis 1997 et au format numérique depuis 2011.

Alors, dans une première partie outre le message de félicitation adressé par le GM de la Grande Loge Unie d’Angleterre à ses frères et les différents messages du Pro Grand Master sur les réussites caritatives et sur le succès des New and Young Masons Club’s conferences, ce Freemasonry Today est surtout l’occasion pour la GLUA de présenter les initiatives prévues sur les prochains mois pour célébrer cette fondation présupposée de la Grande Loge de Londres et de Westminster en 1717 !

Alors que peut-on voir à travers le monde ?

Des bals, des galas, des processions et des messes dans des cathédrales ou des églises, voilà pour le classique. Mais certains évènements méritent le détour de la présentation.

Ainsi nous pourrons noter « The Classic 300 » du Masonic Classic Vehicle Club et qui est en fait un ensemble de courses automobiles organisées à travers l’Angleterre avec comme point de départ le château de Windsor. Cet évènement réunira 300 véhicules pour une longueur de 300 miles à travers le royaume, que ce soit sur route ou sur circuit.

D’ailleurs l’idée des 300 miles parcourus se fera aussi à vélo par les maçons du Leicestershire and Rutland qui en profiteront pour faire des haltes dans tous les masonic centers de leur province.

Dans le Bedfordshire, autre ambiance, puisqu’après un service à l’église St Paul de Bedford, les maçons anglais pourront 4 jours plus tard aller faire eux aussi quelques haltes mais dans un « Tour of ‘The Taverns’ » qui, probablement, sera réalisé dans un but unique de célébration historique d’une tradition séculaire !

Rien d’alarmant toutefois en comparaison avec le véritable message d’alerte rouge lancé par John Pagella, « Grand Superintendant of Works » qui publie une notice d’une page pleine afin d’alerter toutes les loges anglaises que la fiscalité est en train d’évoluer en Angleterre. Il ne parle pas du Brexit, mais le message subliminal est intense. Et première conséquence directe de cette modification fiscale, ce grand officier averti toutes les loges d’une chose : attention ! Vous allez vous faire égorger ! Et ceux qui n’auront pas mis de l’argent de côté pour la gestion de leurs Masonic halls se trouveront forts dépourvus lorsque la bise sera venue.

En tout cas ce n’est pas la seule intervention d’un Grand Officier dans ce numéro de Freemasonry Today. Il en est un qui se voit consacrer plusieurs pages et moult photos, il s’agit de Derek Dinsmore, le Grand Chancelier responsable des affaires diplomatiques avec les Grandes Loges étrangères dirons-nous.

Ou, pour le dire autrement, l’ennemi de la Confédération Maçonnique de France, et l’allié de la GLNF dans sa sortie de crise interne.

Expliquons-nous. Jusqu’en 2007, les relations entre la Grande Loge Unie d’Angleterre et les autres Grandes Loges dites « régulières » étaient gérées par le Grand Secrétaire. Sauf qu’à l’échelle d’une planète de plus en plus ultra connectée, il fut convenu que la tâche était devenue trop ardue et se devait d’être déléguée à une Grande Chancellerie en charge des 197 Grandes Loges reconnues à travers la planète. Ce fut fait en 2007.

Alors, le rôle du Grand Chancelier est simple : donner un avis quand on lui demande, et aider à promouvoir ce vilain mot qu’est « la régularité ».

Loin de moi vouloir raviver les cendres encore chaudes du débat sur la reconnaissance et la régularité qui eu lieu en France, mais Derek Dinsmore nous explique assez clairement que pour la GLUA, la mixité, la non croyance dans le Grand Architecte de l’univers, la pratique du discours sur la politique ou sur la religion, sont autant de détails qui font qu’une entité maçonnique ne pourrait pas être reconnue régulière.

Le problème c’est qu’en tant que Grand Chancelier, il se doit de voyager et de faire des rapports. Et si, après sa visite, des manquements ont été constatés, il se doit de considérer deux options nous dit-il. Soit de suspendre les relations avec la Grande Loge incriminée, soit carrément, en dernier recours, de lui retirer sa reconnaissance.

Et comme exemple, devinez quoi, Derek nous parle de.. la France en 2009 !

Voilà ! Super ! Faisons-nous des amis et rallumons le brasier en jetant des bûches !

C’est toutefois très intéressant car, pour la 1ère fois à ma connaissance, il s’agit ici de l’explication publique de la manière dont les anglais ont perçu la crise qui a secoué la maçonnerie française et européenne à la suite des quintes de toux qui ont affecté la GLNF.

Regardons donc son récit.

Selon Derek, la GLNF a toujours été une Grande Loge régulière et ses membres ont toujours été de bons maçons. Mais, il nous dit « It was only the behaviour of the then Grand Master that we felt was bringing Freemasonry into direspute ».

En gros, selon lui, le comportement du Grand Maître de l’époque n’était pas GLUA compatible.

Toujours selon Derek, la GLUA a tenté des conciliations, mais en vain.

La GLUA a donc suspendu ses relations. C’est tout. Pour eux, les frères de la GLNF étaient toujours des frères, mais c’est juste qu’ils n’avaient plus le droit de venir visiter la GLUA.

C’est dit poliment, mais c’est tout de même plein de conséquences non écrites il faut le savoir.

Il précise ensuite que les anglais espéraient que ce geste fut interprété comme une alerte par les frères français. Voyant que l’alerte n’était pas considérée de la manière convenue, ils retirèrent alors leur reconnaissance.

Et c’est là que c’est intéressant. Car la GLUA constate alors qu’il y a plein d’initiatives en France et en Europe pour faire une confédération afin de récupérer cette reconnaissance.

Pour les plus jeunes frères qui peuvent m’écouter, cette histoire que je vous raconte simplement est en fait une histoire qui a véritablement embrasé la maçonnerie française, créant même des scissions dans certaines Grandes Loges, provoquant même par exemple la création de la GLAMF et de la GLIFF. Bref, pour avoir moi-même avoir le souvenir de cette époque troublée, rappelons que l’un des premiers à s’être dit « nan, ça se fera pas » c’était Roger Dachez.

Et Derek le dit clairement lui aussi. Il dit à propos de cette confédération qui a tenté d’avoir lieu afin de récupérer la reconnaissance anglaise : « Nous avons dit à tout le monde « Regardez, restez en dehors, c’est un problème pour les membres de la GLNF. C’est à eux de le résoudre, et ceux qui sont en dehors ne devaient pas essayer de s’en mêler ». Pour nous, c’était une question de quand plutôt que de si, nous pouvions reconnaitre à nouveau la GLNF ».

Ce qui est dit ici est très clair. Ils n’ont jamais, à aucun moment, considéré donner la reconnaissance à une autre Grande Loge que la GLNF !

Et d’ailleurs, lorsque le Grand Maitre et les Grands Officiers ont changé, il le dit lui-même, deux ans plus tard, après que la paix et l’harmonie furent restaurées, la GLUA rendit sa reconnaissance.

Ce n’est pas anodin que cette interview tout de même dans un numéro consacré aux 300 ans de la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, dans un numéro où est présente une lettre du duc de Kent, dans un numéro qui célèbre les réussites… Il y a tout de même un message que certains prendront pour eux et qui risque de faire, soit beaucoup de bien, soit beaucoup de mal.

Allez ! Bises frat.

Pour lire le nouveau numéro de Freemasonry Today, cliquez sur l’image suivante

FMTcorde

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